Bali autrement : itinéraire complet loin de la foule, entre rizières et traditions

par Yassine BEHLOUL

Bali hors des sentiers battus, c’est l’île qu’on découvre loin des clichés des cartes postales sur-marketées, entre volcans sacrés, jungles tropicales et rizières en terrasses. Plus un paradis pour les amoureux de culture et de randonnée qu’une destination farniente.

Sortir du triangle sud : Bali hors des sentiers battus

Le sud de Bali (Seminyak, Uluwatu, Ubud) concentre l’essentiel du tourisme, et pour de bonnes raisons : plages, rizières, temples. Mais le nord de l’île, autour de Munduk, reste étonnamment épargné. La région est perchée en altitude entre deux lacs jumeaux et regorge de cascades cachées dans la jungle. Melanting se rejoint à pied depuis le village en une vingtaine de minutes. Banyumala, à environ 30 minutes en scooter, offre de vastes bassins naturels où se baigner.

Pour les marcheurs plus motivés, Sekumpul demande une heure de sentier escarpé à travers rivières et forêt dense, mais reste l’une des plus impressionnantes de Bali. Dormir sur place une nuit ou deux permet d’arriver aux cascades avant les groupes de la journée, et de croiser une vie locale que le sud a largement perdue. Chaque zone du sud a en fait sa propre identité, et le choix dépend surtout de ce que tu cherches :

Ubud

Pour la vie au ralenti entre rizières, yoga et cafés healthy. La Sacred Monkey Forest Sanctuary, une forêt de bania abritant plusieurs centaines de macaques et d’anciens temples, mérite le détour (range bien lunettes et objets brillants, les singes sont de redoutables voleurs), entrée autour de 80 000 IDR. Si tu préfères éviter la foule, la forêt des singes de Sangeh, à une vingtaine de kilomètres d’Ubud et bien moins fréquentée, offre une expérience nettement plus sereine, avec des singes tout aussi présents mais plus calmes, au milieu d’arbres immenses (entrée symbolique, autour de 15 000 IDR).

Les rizières de Tegalalang sont les plus connues et donc les plus fréquentées ; si tu cherches la même beauté sans la foule, celles de Jatiluwih, classées à l’UNESCO, sont plus vastes et nettement moins arpentées. Le temple d’eau de Tirta Empul permet de participer au melukat, un rituel de purification balinais consistant à se déplacer sous une série de fontaines sacrées en sarong, ouvert à toutes les confessions.

Aux alentours, plusieurs cascades valent le détour, notamment celle de Nung Nung : la descente demande plus de 500 marches, mais la baignade au pied de la chute (prévois ton maillot) est la récompense méritée. Pour une balade plus douce, la Campuhan Ridge Walk (environ 7km aller-retour), en périphérie du centre-ville, offre une vue spectaculaire sur les gorges, à faire idéalement tôt le matin pour éviter la chaleur.

Mais honnêtement, la meilleure façon de découvrir la région autour d’Ubud reste de louer un scooter et de se perdre volontairement dans les petites routes de rizières, sans itinéraire précis. C’est souvent là que naissent les meilleurs souvenirs.

Si tu préfères être accompagné, tu peux aussi réserver une excursion dans les rizières et les temples autour d’Ubud avec un guide local.

Je prépare un guide complet Bali avec un itinéraire détaillé jour par jour autour d’Ubud et les meilleurs horaires pour éviter la foule. Il sera bientôt disponible : suis-moi sur Instagram @yass_traveler pour être prévenu de sa sortie.

Le village de Kéliki

À quelques kilomètres seulement de l’effervescence d’Ubud, offre une immersion complètement différente : loin des foules et de la circulation, plusieurs hébergements chez l’habitant y proposent des expériences culturelles authentiques (initiation à la peinture balinaise traditionnelle, fabrication artisanale d’huile de coco, balades dans les rizières environnantes). Un excellent choix pour vivre Bali hors des sentiers battus à deux pas d’Ubud, si tu veux ralentir et vivre le quotidien balinais plutôt que de l’observer de loin.

Canggu

Devenu en quelques années la capitale non officielle du digital nomadisme balinais : surf au lever du jour, coworking l’après-midi, une scène de restaurants et de salles de sport qui n’a rien à envier à une grande ville occidentale, et une vie nocturne qui attire une population très jeune et internationale. Juste à côté, Seseh Beach reste étonnamment préservée du tumulte : une plage encore sauvage, idéale pour un lever de soleil tranquille entre surfeurs matinaux et, avec un peu de chance, une cérémonie balinaise sur le sable.

Kuta

Ancien village de pêcheurs devenu l’une des stations balnéaires les plus animées de Bali dans les années 1970 grâce à ses vagues régulières, Kuta reste aujourd’hui le point d’entrée le plus abordable et le plus festif de l’île, avec l’avantage d’être à quelques minutes de l’aéroport. La plage, longue et bordée de sable doré, est réputée pour accueillir les surfeurs débutants : la section centrale, surnommée « Halfway », est particulièrement prisée pour l’apprentissage, avec de nombreuses écoles de surf qui proposent cours et location de planches directement sur place, ou en ligne si tu préfères réserver ton cours de surf à Kuta à l’avance. C’est aussi un excellent spot pour admirer le coucher de soleil, Kuta étant d’ailleurs parfois surnommée « Sunset Beach ».

Côté shopping, le Kuta Art Market (ouvert de 8h à 22h) garde un charme plus authentique et abordable que les centres commerciaux modernes comme Beachwalk ou Discovery Mall, situés à proximité. La nuit tombée, Jalan Legian concentre l’essentiel de la vie nocturne du quartier, entre bars et clubs.

Uluwatu

Perché sur les falaises de la péninsule de Bukit, mérite qu’on s’y attarde au moins une journée complète. Le temple Pura Luhur Uluwatu, construit à 70 mètres au-dessus de l’océan, accueille chaque soir au coucher du soleil un spectacle de danse Kecak : une centaine d’hommes torse nu scandant en chœur des « cak-cak » hypnotiques, sans aucun instrument, sur fond de vagues et de falaises.

Niveau plages, chacune a son caractère : Padang Padang, accessible par une faille naturelle dans la roche, immortalisée par le film Mange Prie Aime ; Suluban (aussi appelée Blue Point), nichée entre des grottes calcaires ; Balangan, plus large et bordée de warungs, réputée pour ses longues vagues gauches ; Bingin, plus intime, avec ses restaurants de fruits de mer les pieds dans le sable. Petit point d’actualité important : plusieurs dizaines de warungs et commerces historiques de Bingin Beach ont été démolis par les autorités locales en juillet 2025, après des mois de mise en demeure, faute de permis de construire en règle sur ce qui est officiellement une zone protégée. Renseigne-toi sur place pour savoir ce qui a rouvert.

Jimbaran

Connue pour sa baie calme, est surtout le spot incontournable pour les amateurs de fruits de mer : tu choisis ton poisson frais directement au marché de Kedonganan, puis tu l’apportes dans l’un des nombreux restaurants de plage juste en face pour le faire griller au feu de bois, les pieds dans le sable, face au coucher de soleil.

À proximité, prendre un verre à l’Ayana Bar on Rocks, perché sur un rocher naturel surplombant l’océan, est une bonne option si tu veux une soirée plus chic pour admirer le coucher de soleil autrement.

Amed et Tulamben

À l’est de l’île, Amed et Tulamben sont le hotspot plongée de Bali. L’épave de l’USAT Liberty, un cargo américain coulé pendant la Seconde Guerre mondiale puis englouti par une coulée de lave en 1963, repose à quelques mètres du rivage entre 5 et 28 mètres de profondeur, entièrement recolonisée par les coraux. Accessible aux débutants comme aux plongeurs confirmés, elle se découvre facilement lors d’une plongée à Tulamben avec un centre local. Amed elle-même se prête aussi très bien au snorkeling directement depuis la plage, sans forcément plonger en bouteille, et la zone est devenue un spot reconnu pour le freediving, avec plusieurs écoles sérieuses sur place. Mes écoles de freediving et de plongée testées et approuvées seront détaillées dans mon guide complet Bali, bientôt disponible.

Lovina

Dans le nord, Lovina se distingue d’abord par ses plages de sable noir volcanique, très différentes du sable blanc du sud, et par une mer nettement plus calme, agréable pour nager tranquillement. C’est la seule région de Bali où l’on peut observer des dauphins sauvages en pleine mer, généralement lors de sorties en bateau au lever du jour. Une activité dont l’impact sur la faune reste débattu, à considérer selon tes propres valeurs.

À une quinzaine de minutes de route, les sources chaudes de Banjar (bassins en terrasses, eau soufrée autour de 38°C) offrent une pause détente bienvenue, surtout par temps nuageux. Juste à côté se trouve le Brahma Vihara Arama, l’unique monastère bouddhiste de toute l’île (les autres temples de Bali sont hindouistes), un lieu particulièrement paisible avec ses jardins et ses statues dorées. Dans les environs, la cascade de Gitgit (35 mètres de hauteur, à environ une heure de route) complète bien une journée dans le nord.

À ne pas manquer aussi, une visite à Bali Pulina Agro Tourism, une plantation de café où déguster (et voir la fabrication) du fameux Kopi Luwak, avec vue sur les cultures.

Pemuteran et l’île de Menjangan, la surprise du nord-ouest

Pemuteran, tout au nord-ouest de l’île, fait partie de mes plus beaux souvenirs de Bali hors des sentiers battus. Ses plages sont pour moi parmi les plus belles de l’île, je les trouve personnellement plus belles que celles d’Uluwatu, pourtant réputées être les plus belles de Bali. La côte y est calme, l’eau cristalline, et l’ambiance à des années lumière de l’agitation du sud.

Juste en face, l’île de Menjangan fait partie du Taman Nasional Bali Barat (parc national de l’ouest de Bali), avec un droit d’entrée autour de 200 000 IDR (10€). J’y suis allé pour plonger : une journée complète avec deux plongées le matin autour de l’île, une pause déjeuner sur place, puis une troisième plongée l’après-midi après avoir profité de l’eau turquoise entre les sessions. Les fonds marins de Menjangan comptent parmi les plus beaux de Bali, loin de la foule des spots plus connus. Si tu veux y aller aussi, tu peux réserver une sortie plongée ou snorkeling à Menjangan au départ de Pemuteran.

Compte environ 3h30 en scooter depuis Canggu pour rejoindre la région. Sur place, deux temples valent vraiment le détour : Pura Melanting, superbe, et Pura Batu Kursi, perché en hauteur et accessible après une courte randonnée d’un quart d’heure, parfait pour admirer le coucher de soleil.

Si tu as le temps de pousser jusqu’au nord-ouest, c’est l’un des meilleurs endroits pour vivre Bali hors des sentiers battus, sous l’eau comme sur terre.

Temples et volcans sacrés

Deux temples s’imposent au-delà de Tirta Empul. Tanah Lot, bâti sur un rocher isolé battu par les vagues sur la côte ouest près de Canggu, offre l’une des images les plus emblématiques de Bali, particulièrement au coucher du soleil, un moment à vivre en solo ou lors d’une excursion à Tanah Lot en fin de journée. Point important à vérifier avant de t’y rendre : le temple ne se visite qu’à marée basse, renseigne-toi sur les horaires de marée du jour avant de planifier ta venue. Besakih, le « temple mère », est le plus grand et le plus sacré de l’île, un vaste complexe de sanctuaires accroché aux pentes du mont Agung, entièrement consacré à la Trimurti (Brahma, Vishnu et Shiva).

Loin d’être un simple site touristique, c’est un vrai lieu de pèlerinage où les familles locales viennent déposer leurs offrandes au quotidien, arrive tôt le matin pour éviter la foule et l’ambiance touristique qui s’installe en journée.

Question volcans, deux options bien différentes. Le mont Batur (1717m) est de loin le plus populaire : ascension nocturne pour un lever de soleil sur la caldeira qui vaut largement le réveil aux aurores, soit en randonnée guidée classique (environ 2 heures de montée, guide obligatoire, l’ascension solo est interdite), soit en 4×4 privé si tu préfères le confort à l’effort. Le mont Agung (environ 3142m), lui, est le point culminant de Bali et sa montagne la plus sacrée aux yeux des Balinais.

Beaucoup moins de monde s’y aventure, pour une bonne raison : le trek est nettement plus exigeant, entre 6 et 14 heures selon l’itinéraire choisi, avec un dénivelé conséquent et un terrain volcanique parfois instable. Si tu es en bonne condition physique et que tu cherches Bali hors des sentiers battus dans sa version la plus sportive et spirituelle, loin des foules du Batur, c’est clairement l’option la plus marquante. Dans les deux cas, l’accès peut être fermé lors de grandes cérémonies religieuses ou en cas d’activité volcanique accrue.

Tu veux organiser l’ascension de l’Agung par toi-même ? Toutes les infos pratiques (itinéraire, horaires, contacts de guides) seront dans mon guide complet Bali, bientôt disponible.

Mont Batur au drone, Bali hors des sentiers battus

Nusa Penida : deux à trois jours suffisent

À 40-45 minutes de bateau depuis Sanur, Nusa Penida est devenue l’un des spots les plus photographiés d’Indonésie. Côté ouest : Kelingking Beach, avec sa falaise en forme de dinosaure (un ascenseur a été installé pour faciliter l’accès à la plage). Attention cependant, la descente vers la plage en contrebas n’a rien d’une simple balade : le sentier est raide et vertigineux, certains escaliers sont dégradés voire inexistants par endroits, et il faut parfois s’agripper à des cordes de fortune pour progresser (la remontée ressemble plus à de l’escalade qu’à de la marche).

Je déconseille clairement cette descente à qui n’est pas en très bonne condition physique ou a des soucis de santé. Toujours côté ouest : Broken Beach et son arc naturel spectaculaire, Angel’s Billabong, une piscine à flanc de falaise, et Crystal Bay, la plus agréable pour nager et regarder le coucher de soleil. Côté est, plus tranquille : Diamond Beach et Atuh Beach.

Si tu n’as qu’une journée, une excursion à Nusa Penida au départ de Sanur permet de voir l’essentiel sans te soucier de la logistique.

Nusa Lembongan et Nusa Ceningan : les îles sœurs, plus intimes

Juste à côté, Nusa Lembongan reste bien plus discrète que sa voisine. C’est là que je m’attarde le plus, principalement pour la plongée, dans des centres francophones réputés pour être parmi les premiers bateaux sur les meilleurs spots le matin, avant l’afflux de la journée. Côté farniente, la plage de sable blanc Pantai Pasir Putih (aussi appelée plage Mahagiri) vaut particulièrement le coup, un vrai coin de paradis pour se poser quelques jours, avec de nombreux hébergements à Nusa Lembongan face à la mer. Au nord de l’île, la Mangrove Forest permet une balade ou une excursion en bateau à travers un écosystème bien différent du reste de l’île.

Juste à côté, sur la petite île voisine de Nusa Ceningan, reliée par un pont suspendu, le Blue Lagoon offre un panorama de falaises et d’eaux turquoise particulièrement spectaculaire juste avant le coucher du soleil.

Niveau connexion sur Lembongan, compte sur de l’instable plutôt que sur du fiable : le wifi lâche régulièrement, et la 5G mobile s’en sort souvent mieux que le wifi des hébergements. Si tu dois bosser en remote pendant ton passage, prévois une marge de sécurité plutôt que de compter dessus à 100%.

Sanur, pour poser ses valises tranquillement

La plus ancienne station balnéaire de l’île garde une âme de village de pêcheurs. Eaux peu profondes et calmes, promenade en bord de mer, ambiance nettement plus posée que Kuta ou Canggu. C’est aussi un point de départ pratique vers les îles Nusa, et un bon choix si tu voyages en famille ou que tu cherches simplement du calme, avec des hébergements à Sanur pour tous les budgets.

Sidemen et Tirtagangga : la sérénité loin de la foule

À environ une heure de route d’Ubud, Sidemen reste l’un de mes coins préférés pour vivre Bali hors des sentiers battus : rizières en terrasses à perte de vue avec le mont Agung en toile de fond, rythme ralenti, ambiance villageoise, et de nombreux sentiers de randonnée qui serpentent à travers la vallée. Non loin de là, le Water Palace de Tirtagangga, un ancien palais royal construit en 1948 puis reconstruit après l’éruption du mont Agung en 1963, aligne fontaines, bassins de lotus et carpes koï sur près d’un hectare, une halte apaisante avant de repartir explorer les rizières environnantes.

Pour en profiter pleinement, dors sur place : les hébergements à Sidemen avec vue sur les rizières ne manquent pas, et je partagerai mes adresses préférées dans mon guide complet Bali, bientôt disponible.

Se déplacer

Le scooter reste le mode de transport le plus pratique et économique sur l’île, avec des tarifs qui varient sensiblement selon la zone (Canggu étant généralement la plus chère) et selon que tu loues à la journée ou au mois, ce dernier étant nettement plus avantageux.

Côté papiers, personne ne te réclamera ton permis international au moment de louer, mais ne fais surtout pas l’impasse dessus. En cas d’accident, la police te le demandera, et ton assureur en aura besoin pour tout remboursement. Sans lui, tu risques de te retrouver seul face aux frais, et une amende conséquente en cas de contrôle. Le port du casque, lui, est contrôlé de façon plus sporadique par la police, mais l’argument principal reste ailleurs : ça sauve des vies, tout simplement, et la circulation balinaise n’est pas toujours clémente avec ceux qui roulent tête nue.

Louer une voiture reste possible, mais la conduite à Bali n’a rien d’évident pour un voyageur pas habitué : circulation dense et parfois anarchique, routes étroites. Beaucoup de voyageurs préfèrent finalement engager un chauffeur à la journée, une formule confortable et abordable qui permet de se faire accompagner dans ses excursions sans stresser au volant. Si tu préfères conduire toi-même, compare les prix de location de voiture sur Klook.

Pour les trajets plus courts en ville, les applications Grab et Gojek permettent de réserver facilement des courses en voiture ou en scooter, une alternative fiable aux taxis classiques. Pour rejoindre les îles voisines en ferry ou speedboat, mieux vaut réserver ton ferry en ligne sur 12Go plutôt que négocier sur place au dernier moment.

Internet et carte SIM

Le wifi est très répandu à Bali, la quasi-totalité des restaurants et hôtels en mettent un à disposition de leurs clients. Si tu préfères ta propre connexion mobile, une carte SIM locale reste la solution la plus simple à l’arrivée, avec Telkomsel comme opérateur fiable et bien couvert sur toute l’île. Achète-la plutôt en ville qu’à l’aéroport, où elle coûte sensiblement plus cher. Une eSIM réservée avant le départ est aussi une option pratique si tu veux avoir du réseau dès la sortie de l’avion, sans chercher une boutique sur place.

Argent et petites arnaques à connaître

La roupie indonésienne (IDR) est la seule monnaie à utiliser sur place, les paiements en euros ou dollars étant généralement à un taux très désavantageux. Privilégie les bureaux de change affichant clairement la mention « Authorized » et évite les petites échoppes de rue trop avantageuses sur le papier : le classique de l’arnaque au change consiste à annoncer un bon taux puis à mal recompter la liasse de billets remise, donc recompte systématiquement devant l’employé. Les distributeurs des grandes banques (BCA, BNI, Mandiri) restent la solution la plus sûre.

Autre réalité de l’île à connaître avant de partir : la mendicité, notamment dans les zones très touristiques, existe et peut surprendre. Le réflexe généralement recommandé est de ne pas donner d’argent directement, en particulier à un enfant, mais plutôt d’offrir un repas, une bouteille d’eau, ou de soutenir une association locale si tu veux aller plus loin.

Budget indicatif

Un voyageur en petit budget peut s’en sortir avec 30 à 40€ par jour en logeant en dortoir ou homestay et en mangeant essentiellement dans les warungs, là où un budget plus confortable tourne plutôt autour de 60 à 90€ par jour. Ton budget quotidien dépendra surtout de tes arbitrages personnels entre immersion locale et petits conforts familiers.

(Pour convertir : 1€ = environ 20 500 IDR, un taux à vérifier avant de partir puisqu’il fluctue.)

L’assurance voyage, un indispensable

Entre la fameuse « Bali belly » (la tourista locale, presque un rite de passage), les petits accrochages en scooter et l’éloignement des hôpitaux bien équipés selon les zones, partir sans assurance voyage est une prise de risque inutile. Une bonne assurance couvre les frais médicaux, le rapatriement, et souvent les accidents liés à la conduite d’un deux-roues (vérifie bien cette clause spécifique, certains contrats l’excluent par défaut).

Le matériel pour capturer l’île

Rizières à perte de vue, falaises spectaculaires, fonds marins colorés : Bali est un terrain de jeu photo et vidéo exceptionnel. Tu retrouveras tout mon setup complet (boîtier photo, drone, caméras d’action, stockage) sur la page Mon Matos, avec le détail de quand j’utilise quoi selon la situation.

Manger balinais

Impossible de repartir sans goûter au babi guling (cochon de lait rôti aux épices, le plat le plus emblématique de l’île, réservé aux non-musulmans), au nasi goreng (riz frit, souvent accompagné d’un œuf au plat et de crackers de crevettes), au sate lilit (brochettes de viande hachée à la noix de coco, typiquement balinaises), ou au lawar (mélange de légumes, viande hachée et noix de coco râpée, très parfumé). Pense à demander « not spicy » si tu es sensible au piment, la cuisine locale ne fait pas de cadeau.

Plat de nasi goreng traditionnel balinais

Un point culture

Bali est une île hindouiste au cœur d’un pays majoritairement musulman, une particularité qui façonne toute son identité et se ressent à chaque coin de rue : les canang sari, ces petites offrandes florales déposées chaque matin devant les maisons, les échoppes et les temples, créent un spectacle visuel et olfactif permanent. Pour visiter un temple, prévois un sarong et une ceinture, obligatoires pour couvrir les jambes en signe de respect ; certains temples en fournissent gratuitement, d’autres proposent la location ou la vente sur place.

La cohabitation religieuse se vit sans tension particulière : de nombreux musulmans vivent et travaillent à Bali comme ailleurs en Indonésie, et le respect mutuel entre communautés fait partie du quotidien de l’île. Un signe concret de cette diversité : dans beaucoup de restaurants, la viande servie est halal, ce qui facilite grandement le séjour pour les voyageurs musulmans.

Quand partir

Bali a deux saisons bien marquées : la saison sèche (mai à octobre) et la saison des pluies (novembre à avril). Mai, juin et septembre offrent le meilleur compromis entre météo idéale, affluence modérée et prix raisonnables. La haute saison touristique se concentre sur juillet-août, avec des tarifs généralement plus élevés sur les logements comme sur les excursions.

Un détail à noter, surtout ces dernières années : la saison des pluies tient de moins en moins ses promesses. Le climat évolue, et il n’est pas rare de traverser des semaines entières sans grosse averse, même en plein cœur de la saison théoriquement humide. C’est d’ailleurs pour ça qu’une partie des voyageurs choisit délibérément cette période : les prix chutent, l’île se vide un peu, et le risque météo réel s’avère souvent bien plus faible que ce que le calendrier laisse penser.

Le vol depuis la France

Il n’existe pas de vol direct entre la France et Bali, une escale est donc obligatoire dans tous les cas. Plusieurs grandes familles d’itinéraires existent : soit via un hub du Moyen-Orient (Doha, Dubaï, Abu Dhabi), qui proposent ensuite un vol direct jusqu’à Bali, soit via un hub asiatique comme Singapour, Kuala Lumpur ou Jakarta, avec un vol régional pour rejoindre Bali ensuite. Air France propose par exemple un trajet via Singapour, où j’ai pu trouver un aller-retour autour de 700€ par personne en septembre, bagages inclus, un tarif à considérer comme un ordre de grandeur plutôt qu’un prix garanti puisqu’il varie beaucoup selon la période de réservation et la saison.

Pendant longtemps, passer par un hub asiatique comme Kuala Lumpur ou Jakarta permettait de payer nettement moins cher, le tronçon régional étant historiquement très bon marché. Ces deux dernières années, cette astuce a nettement perdu de son intérêt : les prix de ce tronçon régional ont bien augmenté, au point qu’ajouter cette escale supplémentaire ne fait quasiment plus baisser la facture par rapport à un vol classique avec une seule escale jusqu’à Bali directement.

Mon astuce personnelle pour dénicher les meilleurs prix aujourd’hui : accepter les vols avec le plus d’escales possible reste souvent la meilleure option pour payer moins cher. Je compare toujours sur plusieurs comparateurs, le plus souvent Skyscanner et Kayak, pour repérer le vol qui m’intéresse, puis je vais réserver directement sur le site de la compagnie aérienne plutôt que via l’agrégateur, pour éviter les frais additionnels et avoir un contact direct avec la compagnie en cas de souci.

Formalités administratives

Pour les Français, Belges, Suisses ou Canadiens, un visa payant est obligatoire depuis la fin de l’exemption en 2020. Quelques points essentiels avant de partir : ton passeport doit rester valide au moins six mois après ta date d’arrivée, et doit impérativement contenir au moins une page vierge pour l’apposition du visa. Un billet retour (ou tout autre justificatif de sortie du territoire) peut aussi t’être réclamé par l’immigration à l’arrivée, donc évite de voyager sans preuve de sortie du pays.

La solution la plus courante reste le e-VOA (visa électronique à l’arrivée), à environ 500 000 IDR (25€), valable 30 jours. Tu peux soit le faire directement à l’aéroport à l’arrivée, soit en ligne avant de partir sur le site officiel de l’immigration (evisa.imigrasi.go.id).

Petit retour d’expérience personnel sur un point qui change vraiment la vie : si tu penses pouvoir avoir envie de prolonger ton séjour au-delà d’un mois, fais ton visa en ligne avant de partir plutôt qu’à l’aéroport. Voici pourquoi. Si tu dois prolonger ton visa fait en ligne, tout se passe depuis ton espace personnel sur le site de l’immigration : tu paies l’extension, tu reçois un email, et l’immigration te convoque une seule fois dans un bureau (généralement dans le sud de Bali) pour une photo biométrique, avant de te renvoyer ton visa prolongé par mail.

Si en revanche tu as fait ton visa directement à l’aéroport à l’arrivée, la prolongation devient plus lourde : compte sur trois passages différents au bureau de l’immigration pour boucler les démarches administratives. Beaucoup de voyageurs contournent ce problème en passant par une agence spécialisée (il y en a énormément à Bali) : tu leur confies ton passeport, ils s’occupent de toutes les démarches à ta place moyennant des frais, et tu n’as qu’un seul déplacement à faire au lieu de trois.

Pour ceux qui savent d’avance qu’ils veulent rester plus longtemps, il existe aussi le visa C1 (anciennement B211A) : un visa à entrée unique valable 60 jours, prolongeable deux fois par tranches de 60 jours supplémentaires, pour un total possible de 180 jours. Contrairement au e-VOA qui délivre le visa instantanément après paiement, le C1 doit être demandé en ligne avant ton arrivée en Indonésie, avec un délai de traitement de 5 à 7 jours ouvrés à anticiper. Il coûte environ le double du e-VOA classique, autour de 1 000 000 IDR (55-60€). Comme pour le e-VOA, ses prolongations peuvent elles aussi se faire intégralement en ligne.

Depuis le 1er septembre 2025, une nouvelle démarche est devenue obligatoire pour tous : la carte d’arrivée électronique (« All Indonesia Digital Arrival Card »), à remplir au plus tôt 3 jours avant ton départ. Attention, cette carte ne remplace ni le visa, ni la taxe touristique de Bali, ce sont trois démarches bien distinctes et cumulatives. Il faut également remplir une déclaration de douane électronique (ecd.beacukai.go.id) avant le départ, qui te renvoie elle aussi un QR code à conserver, à recevoir au maximum dans les trois jours précédant ton voyage.

Une taxe touristique spécifique à Bali, la « Love Bali », est en vigueur depuis février 2024 : 150 000 IDR (environ 8-9€) par visiteur étranger, à régler uniquement sur le site officiel lovebali.baliprov.go.id (repère bien le « .go.id », signe d’un site gouvernemental officiel) ou à l’arrivée à l’aéroport. Dans les faits, seuls 35 à 40% des visiteurs la payent réellement, faute de sanction concrète en cas de non-paiement et par manque de communication des autorités.

Des contrôles ponctuels ont lieu sur certains sites touristiques et à l’aéroport, donc garder son QR code de paiement reste plus prudent. Autre point de vigilance : des faux sites imitant le vrai portail avec des tarifs gonflés ont été signalés, encore une bonne raison de ne payer que sur l’adresse officielle.

Les contacts des agences de confiance que j’utilise pour prolonger mon visa seront partagés dans mon guide complet Bali, qui arrive bientôt.

Réserver ses activités et excursions

Pour les excursions à la journée (rizières et cascades en visite privée, snorkeling ou plongée avec les raies mantas à Nusa Penida, lever de soleil guidé sur le mont Batur), les plateformes de réservation d’activités en ligne permettent souvent de comparer les prix, les horaires et les avis avant de choisir, et d’annuler facilement en cas de changement de programme.

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